M'adapter à mon nouveau pays : des premiers mois difficiles

Mis à jour : juil. 1


Merci ma Lou, qui met des couleurs et de la gaieté dans ce témoignage.

Bonjour mes lecteurs. J’espère que vous allez bien. Comme je l’ai dit, j’ai envie d’écrire pour me rappeler ce que je vis. Je suis arrivée à Montréal le 24 janvier 2021, il y a presque 3 mois, et ces jours n’ont pas été aussi beaux que je les avais imaginés. C’est important de le dire. C’est une autre des raisons pour lesquelles j’ai ouvert ce blog, pour parler franchement. J'ai donc envie aujourd'hui de vous partager mon ressenti global de ces derniers mois. J'en ai rêvé, mais ce n'est pas aussi évident que cela de s'adapter. En tout cas, pas pour tout le monde.


Partir vivre à l’autre bout du monde, soit 6 000km de toutes ses habitudes, c’est un défi, une aventure. Les quelques mois avant le départ, j’en ai rêvé, j’ai tout imaginé. Note à moi-même : ne plus se faire d’attentes. Seconde note à moi-même : appliquer ce conseil au lieu de se le répéter bêtement depuis le début de mon existence. On a galéré dans toute cette paperasse qu’est l’immigration, on a stressé jusqu’au dernier moment d’obtenir les papiers à temps, on a vendu tout notre confort, pour partir. On s’en est donné les moyens. Ce n’est pas une chance, c’est une réussite. Puis, immigrer en période de pandémie, c’est une autre bataille... Le période de quarantaine m'a vraiment fait beaucoup de mal, au moral. Je me sentais encore plus privée de ma liberté qu'en simple confinement. Ne pas pouvoir faire ses propres courses alimentaires sur place par exemple pourrait être un détail, mais c'était quand même difficile à vivre.

Sans oublier la distance avec les proches. On le sait en planifiant le départ, on le sait en partant. Mais en arrivant, mes sentiments ont été décuplés. Je n’ai pas fait les au revoir que je voulais. Je n’ai pas fait la grosse fête de famille & amis comme je l’imaginais, à thème comme je les aime… On est passés chez nos proches, les uns après les autres, pour passer un bon moment et leur dire au revoir, masqués et à distance. Quand on commence à se rendre compte que la distance s’installe, et que des relations vont certainement s’user, ou que cela a déjà commencé… ça devient difficile à digérer. C’est la vie des relations sociales, il faut laisser le temps au temps. Mais c'est une condition qui se rajoute aux débuts difficiles.


Oui, nous sommes dans un pays francophone, pas si éloigné des habitudes françaises. Mais nous sommes dans un pays qui n’est pas le nôtre, pendant 14 jours enfermés dans un lieu que nous ne connaissons pas. L’adaptation de chacun est différente, la preuve puisque mon chéri a très bien vécu le changement. Il est bien, partout… Moi, j’ai vraiment eu du mal physiquement à m’habituer durant ces deux, trois premiers mois. Chercher un appartement au plus vite dans une ville qu’on ne connaît pas... On l’a voulu ! Mais il ne faut pas croire que c’est magnifique tous les jours, et surtout il faut connaître ses limites. La chose la plus importante pour moi, c’est mon foyer, mon bien-être chez moi. Je n’y avais pas pensé, je n’avais pas imaginé que ce serait difficile de repartir de zéro ailleurs. J’étais très heureuse de vivre cette aventure, et je le suis toujours ! Mais mon corps m’a fait comprendre qu’il n’avait plus de repères.

Je n’acceptais pas d’être mal physiquement, et c’est en refusant d’accepter que l’on se rend encore plus mal. J’avais réellement une séparation entre ce que je pensais et mon état physique. Je n’avais plus faim, suivi de moments de faiblesse, de tremblements. Un cercle vicieux. J'en devenais presque hypocondriaque. Ces problèmes physiques, ils ont débuté une semaine avant de partir, avec un petit passage aux urgences en prime. Comme je suis arrivée à ne pas accepter ma santé, ça n’allait pas en s’arrangeant. J’ai voulu faire un bilan sanguin et des analyses chez un médecin à Montréal : tout allait bien. J’ai compris à ce moment-là qu’il fallait simplement que j’accepte ce qui se passe. J’ai mon infirmier à la maison, ça va aller ! Mais surtout, accepter que ce soit difficile pour moi.


Comment j’ai fait pour aller mieux ? Après une grosse semaine de quarantaine à ne pas parler de mes ressentis à mon chéri, j’ai commencé par me livrer, et pleurer. Il a été ma meilleure épaule. Il le sait, je suis tombée amoureuse de lui une seconde fois à ce moment précis.

J’ai également osé écrire à des personnes de Montréal sur les réseaux sociaux, parce qu’elles m’inspiraient confiance, et cela m’a beaucoup aidée. J’ai fait une belle rencontre amicale, et j'espère en faire d'autres même si je privilégierai toujours la qualité à la quantité. Les réseaux sociaux ont notamment été à doubles tranchants dans toute cette période, et je pense y réserver un article plus poussé une prochaine fois.

Quand on a trouvé notre appartement, ça allait déjà un peu mieux. Mais parfois ces coups de mou revenaient. J’ai repris une activité sportive en allant 2 fois par semaine à la piscine. Dieu merci, elles ont rouvert à ce moment !

Sans oublier Mia, la promener deux fois par jour et m’obliger non seulement à avoir un rythme mais aussi à sortir, c’est le plus grand service qu’elle pouvait me rendre. C’est la deuxième fois depuis qu’on habite ensemble avec Théo, que Mia m’est d’une grande aide, qu’on y croit ou pas.

J’ai acheté une pierre d’Onyx. J'aime la lithothérapie, et j'étais sûre de vouloir cette pierre. Elle favorise l’ancrage et aide à se relever de coups de mou. Elle fait partie des pierres de mon signe astrologique Scorpion, qui abrite mon Soleil et ma Lune. C’est exactement ce qu’il me fallait. J’ai ressenti des effets les deux premiers jours en l’ayant à côté de mon lit : un regain d'énergie, une sensation d'apaisement avec mon nouveau territoire. Coïncidence ou pas, moi je crois aux bienfaits de cette thérapie naturelle.


Je me suis accrochée à ce que j’aimais pratiquer. Pour vous situer, je suis en dernière année d’études de droit en échange universitaire à Montréal, et je vis cette année sur zoom, comme beaucoup d’autres étudiants partout dans le monde depuis la pandémie. C’est plus ou moins acceptable, certains préfèrent, d’autres ont vraiment du mal. Pour ma part je n’y arrive pas, j’ai un blocage pour participer alors que normalement je suis très impliquée en cours. Je ne me reconnais pas. Ça + ça + ça… vous voyez le schéma de ma santé mentale, malgré le fait que nous vivons notre rêve ! Je me suis donc obligée à laisser du temps aux activités qui me font du bien, et c’est ainsi que je me suis lancée dans l’étude plus poussée de l’astrologie.


On peut parler d’une dépression passagère, comme on peut parler d’un mal du pays. Je n’ai pas décidé de mettre des mots sur cette période difficile, j’ai simplement accepté de la vivre. C’est à ce moment précis de ma vie que je découvre mes limites et que j’apprends soit à les repousser, soit à les apprécier. Immigrer m’a vraiment fait prendre conscience d’une partie de ma personne qui j’ignorais, ou bien que je refusais d’admettre : ma fragilité. Je ne m’imagine même pas immigrer dans un pays à la culture entièrement différente de la mienne ! Voyager, ça oui…


Écrire, pour apaiser mon mental :


🧡Je suis reconnaissante d’avoir loué un logement de qualité pour notre quarantaine, chez une personne merveilleuse et bienveillante.

🧡 Je suis reconnaissante d’être en bonne santé.

🧡 Je suis reconnaissante d’avoir fondé un couple solide.

🧡 Je suis reconnaissante d’avoir trouvé un appartement en bon état et bien situé, d’être à deux pas d’un parc pour respirer en semblant d'une pleine nature.

🧡 Je suis reconnaissante de créer de nouveaux liens sociaux solides ici, et de garder mes plus proches avec moi, loin des yeux.



Je serai curieuse et honorée de connaître vos ressentis à votre arrivée.


À bientôt,