Queb'expatriation et réseaux sociaux, retour d'expérience



Bonjour mes lecteurs. Je vous écris aujourd’hui un article sur un sujet des plus polémiques. Je sais un peu ce qui m’attends. Toucher aux réseaux sociaux, c’est se mettre 50% de la population sur le dos. Mais, ça fait beaucoup trop longtemps que cet article cogite dans ma tête et que j’ai besoin d’en parler. Comme avec mes derniers articles sur mes réels sentiments d’immigration, j’ai reçu beaucoup de remerciements et de témoignages identiques, je pense donc que c’est une bonne chose de me lancer aujourd’hui.

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D’ailleurs, c’est ainsi que je vais commencer. Mes précédents articles, dans lesquels je parle de mes difficultés à m’adapter à ma nouvelle vie québécoise, dénotent avec la vie Instagramable. Aïe, c’est dit, c’est lancé. C’est la principale remarque que je me suis faite en arrivant ici. J’étais au plus mal, frustrée d’être enfermée en quarantaine, puis frustrée d’être étudiante (passer mes week-ends sur mon mémoire et ne pas pouvoir dépenser des centaines d’euros de mon prêt étudiant). Je l’assume, et je l’ai toujours assumé, j’étais frustrée. J’étais frustrée de ne pas pouvoir participer à l’engouement d’expatriation au Québec sur les réseaux sociaux. Et ça, ça peut jouer sur une santé mentale. Croyez-moi, ça a fait partie de ma dépression. Et je n’ai pas honte de l’affirmer.


Parallèlement à ces sentiments, j’étais sur les réseaux sociaux. J’ai décidé de suivre beauuucoup de comptes Instagram de français au Québec avant d’arriver, pour avoir des tonnes d’idées d’activités notamment. Pour en avoir, j’en avais! Même un peu (beaucoup) trop. J’y passais tout mon temps. Beh oui, je vous rappelle que j’étais enfermée pendant quatorze jours, à regarder la neige tomber par la fenêtre haute de mon sous-sol d’Airbnb à Laval.


Se réfugier sur les réseaux sociaux

C’était mon « échappatoire » de voir les activités des autres. Pourquoi je le mets entre guillemets ? Parce que c’est simplement ce que je croyais être vrai, et cette croyance s’est avérée être fausse.

J’étais dans la période la plus difficile de ma vie que j’ai connue jusqu’à maintenant, et je croyais que de voir les réjouissements des autres me ferait du bien. Voir le bonheur de mes proches l’était, mais voir que j’étais dans un nouveau pays et que je ne faisais rien comme les autres, que je ne découvrais pas assez vite, que je n’avais rien à partager que ma triste expérience… ce n’était pas une échappatoire ça ! C’était un gouffre.


Mais en même temps, notre vécu est propre à chacun, et chacun peut partager le sien, et à sa façon.


C’est la beauté et le danger des réseaux sociaux réunis : l’expression, la forme d’expression, la quantité d’expression sont entièrement libres… Mais je ne rentrerai pas dans ce terrain glissant.


Et alors là, les frustrés (aucune note péjorative, m’incluant à 100% dedans), protégez-vous !


Croire que tout partage est bienveillant

Le compte Instagram (ou autre réseau social d’ailleurs) de tout-un-chacun est comme son album souvenirs, ou bien encore son entreprise, ou bien encore son book, ou bien encore son coin de « m’as-tu vu » …

Et là, c’est le plus gros risque. Dans mon monde des bisounours, je croyais que tout le monde partageait de façon bienveillante ses activités. Et petite Camille finit par ouvrir les yeux, puis se rendre compte qu’un bon nombre de personnes n’ont que pour objectif leur visibilité.


Vendre une vie de rêve c’est facile. Tout le monde peut le faire. Et tout le monde peut le faire juste pour la fam’. Je suis tombée de quelques étages quand je l’ai compris. À un moment donné, où est la bienveillance quand le but de la personne est simplement de faire rêver des gens sur une vie complètement montée? Je veux dire que l’expatriation c’est une p***** d’aventure personnelle, qui remue beaucoup de choses en dedans. Grâce à l’écriture de mes articles d’expérience très difficile au début, je peux affirmer que j’en ai eu, des retours aussi négatifs que les miens, et pas mal de monde est exaspéré de la vente de rêves à l’expatriation sur les réseaux.


Ah… l’influence. Le too-much. Le manque de bienveillance.


Se désabonner de comptes qui ne correspondent absolument pas à ce que je recherche : la meilleure solution.


Ce que je recherche, d’ailleurs, c’est quoi ? Eh bien toujours des idées d’activités, ou encore des récits d’expérience, mais surtout de personnes bienveillantes. C’est aussi pouvoir faire des rencontres, donc suivre des personnes avec qui je peux communiquer, qui vont me répondre. Ça a été important de m’en rendre compte, pour adapter mes abonnements. On passe teeellement de temps sur les réseaux sociaux qu’il est primordial de comprendre que l’on peut suivre qui on a envie de suivre, et qu’il n’y a aucun contrat de signé derrière un abonnement!

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Se remettre en question

Après cette prise de conscience, je me suis beaucoup remise en question. Je me suis dit que je ne voulais plus rien partager, pour ne frustrer personne comme je l’ai été.


L’ouverture du blog - sans avoir un certain nombre d’abonnés (cf. sondage si tu étais déjà là) - correspondait fortement à mon envie de partager ma réalité, que je n’ai vu nulle part ailleurs sur les réseaux sociaux. Mais je me sentais en même temps pas à l’aise pour partager directement ces sentiments sur Instagram.


J’ai donc considéré que mon écriture valait mon récit d’expérience, et que je pouvais moi aussi publier des photos positives de mon expérience. Mais tout n’est pas toujours tout noir ou blanc ! Par exemple aujourd’hui je vais bien, mais il peut m’arriver d’être mal. Et ce n’est pas pour autant que je dois le publier sur les réseaux.


On ne partage que ce dont on a envie !

Et là je nuance un peu mes propos. Non à l’influence toxique – mais non à la positivité toxique! On peut trouver un équilibre s’il vous plaît ?!


Je trouve que le mouvement social de dire qu’il faut montrer tous ses petits défauts sur les réseaux, ses imperfections, ses torts, ses faiblesses… est toxique. Clairement, on ne montre que ce que l’on veut sur les réseaux sociaux, et la clé est simplement de ne suivre que les personnes dont on aime le contenu. Et c’est aussi tout à fait correct d’aimer un contenu un jour, et de ne plus l’aimer le lendemain. Mais devoir tout montrer sous peine de ne pas être franc, n’est finalement plus une liberté d’expression sur les réseaux sociaux.


Alors, que Marie-Jacqueline publie 100 photos de sa dernière randonnée alors qu’elle est dans le fond de son canapé depuis 1 mois, ou que Marie-Justine publie uniquement des photos d’elle non retouchées pour sensibiliser à l’acceptation de soi et s’accepter elle aussi, ou bien que Jean-Marie publie uniquement des photos de paysages et photographies de qualité en tout genre mais ne se livre jamais sur sa personne, ou bien que Jeanine publie que des photos de son couple beaucoup trop retouchées… c’est correct !!!


Juste : abonne-toi ; ou désabonne-toi ; mais cessons de dire ce que chacun devrait partager.

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Finalement, on y accorde juste beaucoup trop d’importance

Et c’est devenu comme dans la vie de tous les jours : on regarde trop sur le palier de notre voisin avant de regarder sur le nôtre. Je dis « nous / on » parce que je ne veux pas t’incriminer, lecteur. Tu aurais lu « tu regardes trop sur le palier de ton voisin avant de regarder sur le tiens » tu ne l’aurais très certainement pas bien pris. Mais je veux encore une fois sensibiliser!


En résumé de mes sentiments : J’aurais vraiment eu tendance à en vouloir à la terre entière de partager des photos de leurs activités tous les jours, puis j’ai voulu moi-même me priver de partager pour ne blesser personne, avant de réaliser qu’il fallait simplement lâcher-prise avec ces foutus réseaux sociaux, et n’être que bienveillant envers son entourage même s’il est virtuel. (SORRY pour la longue phrase, tu peux respirer maintenant!)


Aujourd’hui

J’ai fortement réussi à lâcher-prise à ce sujet, mais il m’arrive encore certains jours de me comparer à certaines personnes, de comparer ma vie à celle qu’elles partagent.


Vous avez deux minutes pour réfléchir à ce que je fais dans ces cas-là…


Est-ce que t’as trouvé?


Je me désabonne. Et c’est ok!


Je serai vraiment, vraiment, reconnaissante de pouvoir échanger avec vous sur ce sujet. Genre, vraiment! Mais déjà merci à toi si tu en es arrivé jusque-là. À très bientôt, du love.