BILAN : 6 MOIS D'EXPAT

Dernière mise à jour : 14 sept. 2021


Bonjour mes lecteurs. Ça fait maintenant bien longtemps que je n’ai pas rédigé d’article, mais vous comprendrez pourquoi. L’assiduité ne peut être de mise dans toutes les situations ! Il convient parfois de prendre simplement du temps pour soi, pour se reconnecter à soi. Mais aujourd’hui, l’heure est au pré-bilan : comment ce sont passés mes 6 premiers mois d’expatriation ? Je m’étais dit : jamais je ne rédigerai d’article à 6 mois d’expatriation, sérieusement ! Ben voyons dont Camille…


Eh bien… par où commencer ?!

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Comme vous le savez déjà, je suis venue en janvier 2021 à Montréal, pour poursuivre mon Master 2, avec mon chéri infirmier et notre doggy. Et c’est là que les mauvaises nouvelles commencent… Je ne vais certainement pas rédiger un tableau des + et des – de mes premiers mois. Déjà, parce qu’une colonne serait certainement plus fournie que l’autre (et vous seriez surpris de savoir laquelle). Mais aussi, parce que je n’arriverai pas à considérer comme mauvaises des choses qui se sont déroulées et qui n’ont servi que positivement à me faire évoluer. Alors, je ne vais pas m’étaler dans de longs discours, notamment parce que j’avais déjà fait un article sur mes premiers temps difficiles (désolé, pas trop joyeux).


Mes 6 premiers mois d’expatriation au Québec

ont été bouleversants et fracassants.


J’ai grandi, du haut de 1m57 (team petite🙋🏻‍♀️). J’ai évolué. Je le sens, et je le vois, face à moi, et autour de moi. Ça n’a pas été rose, bien au contraire, et dès le début : études à distance, pandémie mondiale, quarantaine dans un demi-sous-sol de Laval, peine à trouver un emploi juridique, peine à trouver un appartement acceptant Mia, printemps maussade… La liste serait super longue. Je ne voyais aucune fenêtre à mes murs de problèmes. Je me suis fait des montagnes de stress à surmonter. Je suis devenue l’anxiété sur pattes. Et je vais abréger la dictée de mes souffrances ici, pour que l’angoisse ne vous monte pas à votre tour, mes chers lecteurs.


Je vais quand même souligner la parenthèse santé. J’ai fini aux urgences seulement quelques jours avant mon expatriation, en France, pour des douleurs dans le ventre et dans le dos, insoutenables, mais surtout inexpliquées après tous les examens. Parenthèse dans la parenthèse, je venais de changer de moyen de contraception, et j’ai mis pendant quelques mois ces douleurs sur le dérèglement hormonal. Mais aujourd’hui, je viens tout juste d’ouvrir les yeux puis de me rendre compte que tout n’était qu’anxiété. J’ai perdu 7 kilos (bah, tu les as perdus où Camille ?! Ne perds pas un os please) en 7 mois d’expatriation, et après de nombreuses discussions je sais que le poids a été des sujets tabous de nombreuses expatriations. Mais je ne veux pas rentrer dans ce débat-là, simplement souligner que j’avais perdu tout appétit, et tout goût… Non, ce n’était pas la Covid !


Avant de passer aux beaux jours, je tiens à vous expliquer que cette période a été terrible à vivre personnellement. Et bien que je sois dans un pays francophone, que ce soit ma décision d’immigrer en temps de pandémie, et que je vois qu’il y a vraiment des choses positives dans mon quotidien : j’étais mal. Autrement dit, j’étais en dépression. Au fond du seau. À 23 ans je n’avais jamais connu une si grosse dose de sentiments négatifs, et encore heureux. Je vous rassure, j’étais extrêmement bien entourée, et mon chéri a été la meilleure des épaules. Je culpabilise légèrement aujourd’hui, mais je sais que j’ai juste à être heureuse pour le remercier. Soyez-bien entourés, mes lecteurs.

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Enfin, et toujours avant de passer aux beaux jours, je tiens à normaliser la souffrance de l’expatriation. C’était déjà mon but dans mon premier article, mais ça l’est bien plus aujourd’hui. Tu n’es pas obligé de faire comme sur les réseaux (un article viendra, c’est promis), tu n’es pas obligé de partir tous les week-end en chalet, tu n’es pas obligé d’être hyper joyeux, tu n’es pas obligé d’aimer l’expatriation comme les autres. Ton sentiment, c’est le tiens, et c’est ok. Si tu kiffes, c’est ok ! Si tu es mal, ça l’est tout autant ! Tu en connais, ou en connaitras, les raisons. C’EST OK ! Les autres n’ont même pas besoin de te comprendre, cherche juste à te comprendre toi-même. Je sais, c’est facile de lire ça. Et tu as peut-être même envie de fermer mon article parce que t’en as marre de l’entendre et de ne jamais voir la lumière au bout du tunnel. Mais crois-moi, cherche à comprendre dans tous tes petits signes du quotidien, quel est le bon chemin pour toi. Ça ira.


Comment j’ai fait pour me relever ?


J’ai commencé par me rendre compte de toutes les choses positives qui se déroulaient pendant mon expatriation. J’ai rencontré des personnes géniales, j’ai lié des amitiés. Ça n’a pas de prix. Ce n’est pas un mensonge, la famille des expatriés existe vraiment. J’y ai trouvé une solidarité importante. C’est allé plutôt vite pour faire des rencontres, et j’en suis reconnaissante. Ah oui voilà, je suis reconnaissante de tout ce qui m’arrive.

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Professionnellement, j’ai arrêté de chercher un emploi dans le juridique, dans le contentieux et dans le litige. J’ai très vite compris que j’étais dans la bonne branche, dans le travail, mais pas sur le bon feuillage. Me voilà donc, dès à présent, recruteuse à Montréal. Pour mon plus grand bonheur.

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Et puis… je me suis envolée pour la France. J’en ai passé, des nuits blanches à cogiter. Jusqu’au jour où monsieur s’est réveillé et m’a dit « je te laisse jusqu’à dimanche soir pour me dire ce que tu as besoin de faire, mais tu brasses du négatif depuis des mois, alors maintenant prends une décision pour toi ». Samedi 12h, Camille a décidé avec Théo de rentrer en vacances, en France, en faisant une surprise à tout le monde. Mardi soir, Théo a acheté les billets. Sans son soutien, je pense que je ne serai jamais partie seule. Vous n’imaginez pas la panique que c’était de dire à l’anxiété sur pattes, qu’elle allait prendre l’avion toute seule ! Puis je l’ai fait. Sans trop me poser de questions. Ma phrase phare : « partir pour mieux revenir ». La phrase phare de mes proches : « mais qu’est-ce que tu fous-là ?! ». J’ai profité, j’ai cherché à me retrouver dans mes racines. Les deux premières semaines je n’ai pas vraiment cherché à savoir si j’ai envie de revenir à Montréal, puisque le stress s’est envahi de moi les quelques secondes où j’y ai réfléchi. Par contre, la dernière semaine a été décisive, et non pas juste parce que mon chéri et Mia me manquaient, mais ma vie ici. Et après une grosse crise de larmes à Charles-de-Gaulle, je suis rentrée au Québec. Je ne saurai pas vous expliquer mes sentiments actuels, hormis que je suis soulagée. Je suis revenue avec un poids émotionnel en moins. Je vais bien ! Et je crois en l’avenir, fort, très fort.


Je tire mon chapeau des milliers de fois à tous les expats qui n’ont pas pu rentrer voir leurs proches pendant minimum 1 an, avec la pandémie. Tout mon honneur est pour vous, certaine que ça vous a forgé d’une autre façon.


Alors voilà, ce n’est pas un article comme tu aurais aimé lire : j’ai fait la randonnée des Chutes Monte à Peine, et une petite randonnée au bord de la rivière à Wendake (oui, juste deux). J’ai fait un escape game, j’ai été dans un spa dans la neige, j’ai coursé des écureuils tous les jours au parc avec Mia… Ce sont des choses que j’aime montrer sur les réseaux. Sur mon blog, j’aime parler de sentiments ! Voilà tout. ✨

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Tout ça pour dire que l’aventure de l’expatriation est littéralement incroyable. Tu vas la vivre à ta façon, elle sera unique. Je veux juste que mon témoignage soit ta preuve que c’est ok si ça va mal, au milieu des beaux témoignages. Et quand je poste ces articles, comme le précédent, je reçois beaucoup de commentaires partageant les mêmes émotions que moi. Alors, en plus, tu ne seras pas seul(e) ! Prends ça comme ça vient, ne te force pas et crois en l’avenir peut importe où il soit. De quelque manière que ce soit, tu vas en ressortir différent. Et c'est probablement ce que tu es venu(e) chercher, une aventure différente de ton quotidien. Puis, on n'est jamais véritablement prêt aux aventures qui nous attendent demain.


Je vous souhaite une belle semaine mes lecteurs.


À bientôt,